Le jour où j’ai découvert que j’avais le mal de mer

Sur la page d’accueil de ce site, vous pouvez lire que je suis «un gros brin aventureuse». Ma soeur dirait plutôt que je suis folle. Ma mère ajouterait l’adverbe «complètement». 

Pour ma part, je crois que j’ai simplement le goût de profiter de la vie. De là est né mon désir, en 2015, de quitter mon emploi et de partir voyager.

Un an sur des voiliers. Question de vous mettre en contexte, j’ai décidé de vous partager un texte que j’ai écrit lors de ma première réelle expérience en mer.

Croyez-moi, ce n’était pas de tout repos! Mon estomac s’en souvient encore.

Bonne lecture!

Marypier

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Nous avons réussi! Il nous aura fallu 14 jours pour parcourir les 670 miles nautiques qui séparent Ensenada de Cabo San Lucas. Un périple difficile pour mon estomac, mais comme le dit si bien notre capitaine: «We’ve cheated death again!».

Après plus de deux semaines à Ensenada, nous avons largué les amarres en soirée, le 3 décembre. Nous étions enthousiastes, excités, prêts pour l’aventure.

Puis, les nausées. De sérieuses nausées. Le vent, les vagues, le bateau qui tangue, les portes d’armoires qui claquent, la vaisselle qui se retrouve partout sur le plancher, l’incapacité de dormir… 

Disons simplement que nous avons eu droit à un premier 24 heures très intense. Même s’ils ne l’ont pas avoué sur le moment, les hommes de l’équipe ont aussi été victimes du mal de mer. De toute évidence, nous avions tous perdus nos pieds marins.

Heureusement, seulement 110 miles nautiques nous séparaient de la baie de Saint-Quintin. Nous y avons jeté l’ancre, trop heureux de pouvoir bénéficier d’un peu de repos.

On rend visite aux tortues

Nous avons quitté la baie de Saint-Quintin en soirée, le 6 décembre, avec l’intention d’atteindre la baie des Tortues en moins de deux jours. Un gros 165 miles nautiques de plus à parcourir.

Le bonheur! Monsieur Pacifique a décidé de nous offrir un peu de repos et s’est montré plutôt calme. Cette fois, personne n’a été malade, pas même moi qui possède assurément l’estomac le plus fragile de l’équipage.

Constant à 17 nœuds, le vent du nord-ouest nous a même permis de faire voler le spinnaker. Une voile magnifique qui, lorsque bien utilisée, rend tout voyage agréable.

Nous sommes finalement arrivés à notre destination le 8 décembre, en soirée. Entre-temps, nous avons eu la visite surprise d’une vingtaine de calmars qui ont décidé de sauter sur le bateau au cours de la nuit.

L’enfer ou le paradis, choisissez votre camp!

Nous voici maintenant rendus à la plus importante partie du voyage, la traversée entre Bahia Tortugas et Bahia Magdelena. Un gros 240 miles nautiques, soit trois jours de voile.

Nous avons levé l’ancre dans l’urgence, ayant appris que des vagues de plus de 8 mètres se dirigeaient sur nous. La décision de rester sur place aurait considérablement ralenti notre voyage.

Le premier jour s’est déroulé sans anicroche. On s’amuse sur le bateau. Le capitaine en profite pour réparer une partie du moteur qui a rendu l’âme au moment de notre départ.

Et soudainement, le vent s’est levé. Pendant les deux jours qui ont suivi, les vents se sont situés entre 30 et 40 nœuds. Les vagues qui nous frappaient faisaient plus de 15 pieds de haut. Des murs d’eau. Naviguer est soudainement devenu un sport extrême.

Dans mon habit de pluie qui puait le poisson, j’ai essayé de me concentrer pour ne pas vomir. Le mal de mer est tenace dans mon cas.

Le bateau a fracassé des records de vitesse en franchissant la barre des 13,9 nœuds. Notre vitesse moyenne se situait généralement à 4,5 nœuds.

Pour Jeff, qui a profité de l’occasion pour améliorer ses compétences à la barre, c’était le paradis. Comme nous naviguons avec le vent dans le dos, les vagues étaient des alliées plutôt que des ennemies.

Enfin le chaud soleil de Cabos

Nous avons atteint la baie de Magdalena à 1 heure du matin, le 13 décembre. Après une journée et demie de repos, nous avons repris la mer en direction de Cabo San Lucas, notre ultime destination en basse Californie.

Le trajet a débuté une fois de plus avec de forts vents, ce qui nous a convaincu de hisser la trinquette (petite voile située à la proue du bateau) plutôt que le génois. Le lendemain, le beau temps était de retour. Mon estomac tient à remercier dame nature.

Psss. Je ne possède aucune photo des vagues, ni même une vidéo. Voyez-vous, j’étais à moitié morte, incapable de tenir un appareil photo dans mes mains. 

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